Benoit Séguin

Pour en finir avec l'école sacrifiée

« Alors permettez-moi de hurler : avec les conditions de travail qu'on offre aux professeurs, je peux vous assurer que les gens assez talentueux et assez ambitieux pour satisfaire à toutes ces exigences préfèrent se retrouver ailleurs que dans l'enseignement au secondaire. »

Il y a plus de 15 ans, cet enseignant de français au secondaire a publié un pamphlet dénonçant ses conditions de travail médiocres et les programmes concoctés par le MELS (alors le MEQ). En 2006, il récidivait avec deux collègues en publiant Le grand mensonge de l’éducation.  À lire pour constater qu’on écoute peu les enseignants…

Quelques citations pour nous rafraîchir la mémoire :

« Le prof devrait redevenir la référence suprême à l'école, l'autorité, bref, le "maître". Et l'on devrait apprendre aux parents à respecter certaines règles. Autrement dit, il devrait exister un code (implicite) du parent de la même façon qu'il existe un code de l'élève. Il y a de l'ordre à mettre dans la circulation scolaire : et ça passe par une réappropriation de tous les pouvoirs en classe par les profs et les profs seulement. » p.74

« Dans une salle de classe, le "jeune" ne devrait avoir, selon ma modeste expérience, qu'un seul droit fondamental : celui de la fermer pendant soixante minutes, et de réagir si je le sonne. Point. [...] L'élève va à l'école avant tout pour s'acquitter de son devoir fondamental : apprendre. Sûrement pas pour revendiquer ses droits. » p. 80-81

« Apprendre n'est pas une partie de plaisir. Apprendre fait mal. Apprendre, c'est dur. Apprendre, c'est se casser la gueule, et pas à peu près. Apprendre, c'est en arracher. Apprendre, ça donne le vertige et ça agite les papillons dans l'estomac. » p. 110-111

« Professeurs, je vous accuse de ne pas vous élever contre le nivellement par le bas que nous impose la société. Vous et seulement vous devriez être des remparts contre les vents perturbants de l'histoire. Vous devriez être d'implacables piliers du temple de la connaissance. Vous devriez être des rebelles, des anticonformistes, des garnements cravatés. Vous devriez enseigner l'anticonformisme. Vous devriez être les fers de lance de la remise en question érigée en système. Vous devriez être des éteignoirs de concupiscence. Vous devriez être les autorités, au sens large et noble. » p. 112

« Cessez donc, messieurs dames des universités, d'accepter n'importe qui dans vos programmes des sciences de l'éducation. [...] Relevez le niveau des exigences de votre département et rendez à la profession sa noblesse. » p. 161-162

 

Boréal, 1996, 205 p.

 

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