Jean-François Poupart

Gallimard chez les nazis

« L'esthétique, depuis Baudelaire, n'a rien à foutre de la morale ; je suis tout à fait d'accord avec ce principe et je le défendrai toujours, mais parfois, lorsque l'esthétique sent le cadavre, il faut l'inviter à se nettoyer avant le prochain bal. » 

 

En lisant cet essai sur les éditeurs et sur les intellectuels français qui « ont choisi d'attendre ou de s'engager consciemment ou inconsciemment dans la collaboration avec l'ennemi  », on peut s'étonner que la mémoire collective oublie si facilement les écrits et les écarts antisémites de certains grands auteurs ou éditeurs. Gallimard, Grasset, Denoël, entre autres, n'ont pas hésité à faire des alliances avec les nazis et à afficher publiquement leurs sympathies pernicieuses.  On connaît les prises de position condamnables de certains écrivains comme Céline, mais Cocteau, Barjavel, Aymé, Guitry ou Pagnol ont aussi collaboré chacun à leur manière avec les nazis. La liberté d'expression excuse-t-elle tout ? Pas quand elle permet ou encourage l'extermination de millions d'êtres  humains. Le romancier Alexandre Jardin a d'ailleurs dénoncé son propre grand-père, chef de cabinet d'un collabo, en 2011, dans Des gens très bien.  Pourtant, c'est un écrivain québécois qui aura eu le mérite de révéler une partie de ces « sombres secrets » qui hantent le passé des Français.

 

Poètes de brousse, coll. Essai libre, 2009,  64 p.

 

 

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