Marie-Claire Blais

Passages américains

« [...] comment croire que, sous ces formes hideuses, l’ombre du crime, le goût du sang fussent de retour, car il n’y avait pas qu’une façon de tuer, avec des armes, il  y avait l’autre, celle-ci, celle des mots assassins, ce moyen pervers de faire planer le doute, les doutes, d’attaquer un homme innocent, par une conspiration tout aussi inattendue que criminellement structurée pour assassiner un homme, le pousser à la chute. »

 

L'écrivaine s'est attardée à trois moments de l'histoire américaine : l'assassinat de Robert Kennedy le 6 juin 1968,  l'emprisonnement des participants à la marche contre le racisme et la ségrégation à Albany en Géorgie partis de Québec le 26 mai 1963 et la mort de quatre étudiants sur le campus de l'Université Kent en Ohio le 4 mai 1970 lors d'une manifestation contre la guerre au Cambodge après le fiasco du Vietnam. Pourquoi publier cet essai en 2012 ? Sans doute pour nous rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, de jeunes adultes s'insurgeaient contre les injustices, au risque d'y perdre la vie, et qu'aujourd'hui, la mémoire nous fait souvent défaut. Marie-Claire Blais écrit magnifiquement, et les lecteurs apprécieront sa sensibilité et sa capacité à se révolter encore et toujours contre les iniquités et les turpitudes humaines (c'est un pléonasme mérité).

À lire absolument.

Boréal, coll. Liberté grande, 2012,  106 p.

 

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