Normand Baillargeon

Je ne suis pas une PME. Plaidoyer pour une université publique

Ce petit livre de 90 pages du professeur Baillargeon souligne efficacement la collusion entre les industries subventionnaires et les chercheurs universitaires.  L'université n'est plus une institution mais une organisation dont la rentabilité doit primer sur la liberté académique,  sur la culture générale, sur la tradition de réflexion, de pensée et de théorisation.  « C'est ainsi encore que des programmes et des cours d'un intérêt intellectuel insignifiant ont pu être développés, dispensés et administrés», affirme-t-il (p. 31).  En éducation, la réforme québécoise était « pensée par des chercheurs autorisés [...] pleine d'idées neuves et vraies, sauf que celles qui étaient neuves n'étaient pas vraies et que celles qui étaient vraies n'étaient pas neuves. » (p. 66) Des genres sont en voie de disparition, l'essai, le texte d'opinion, l'anthologie, des incongruités comme le recours à l'astrologie en orientation scolaire sont valorisées, le gonflement des notes pour permettre l'accroissement du nombre d'étudiants, donc de subventions, est répandu, on forme des spécialistes sans âme ni vision,  bref, on produit de la chair à diplômes comme le soutient Normand Baillargeon. Au moins, lui, il a le courage de dénoncer cette terrible mutation. Nos universitaires seraient-ils « achetables » ?

Poètes de brousse, coll. Essai libre, 2011, 90 p.

 

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