Cynthia Ozick

Les papiers de Puttermesser

« La bureaucratie était un monde féodal défraîchi, constitué de territoires, d’autorités et de hiérarchies, poussiéreux à l’extrême, sauf en périodes de conspiration et de renversement. »

La lecture de ce roman s'avère exigeante, et les références nombreuses à la littérature, la grande, et à la mythologie juive, peuvent sembler rébarbatives mais combien enrichissantes. L'héroïne, Ruth Puttermesser, avocate à l'emploi de la mairie de New York, est une femme brillante, cultivée et intègre. Elle dénonce le népotisme, le clientélisme et l'incompétence qui y règnent. Elle est rétrogradée sans aucune raison valable et elle crée un golem, Xanthippe, homonyme de la femme de Socrate, qui la fait élire maire : elle veut rendre sa ville semblable à un paradis terrestre.  Malheureusement, Xanthippe devient bientôt incontrôlable et obsédée par le sexe, et Puttermesser doit la détruire. La ville retourne alors au chaos, la nature humaine étant ce qu’elle est. Puis Puttermesser, obnubilée par l'écrivaine George Eliot, qu'elle voit comme la femme parfaite, passe ses journées à lire son œuvre et sa biographie en compagnie d’un homme plus jeune qu'elle, l'épouse, et est abandonnée pendant sa lune de miel à Venise. Bientôt une cousine germaine russe s’installe chez elle, suffisamment longtemps pour qu’elle remette en question l’histoire familiale. Ruth Puttermesser, malgré ses efforts, n'arrive pas à être heureuse. Par ailleurs, la romancière propose une vision bien personnelle du Paradis. Publié en 1997 aux États-Unis, ce roman est traduit en français en 2006, et nul doute qu’il est toujours aussi pertinent : « Les jeunes régnaient en maîtres, monarques absolus ; les vieux démodés étaient oubliés, ils étaient diminués, passés à la trappe, et quiconque s’aventurait à leur parler de leur splendeur révolue n’évoquait que vapeurs. » p. 239

À lire.

 

Éditions de l'Olivier, 2006, 331 p.

 

 

puttermesser.jpg

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site