José Saramago

Caïn

« L'histoire des hommes est l'histoire de leurs mésententes avec dieu, il ne nous comprend pas et nous ne le comprenons pas. »

 

Prix Nobel de littérature en 1998, l'auteur portugais, décédé en 2010, nous livre ici son dernier roman. Athée reconnu, il raconte les errances de Caïn, condamné par Dieu à être témoin des pires atrocités et ignominies commises en son Nom. Caïn, amant d'une Lilith nymphomane,  sauve Isaac car l'ange qui devait le faire avait une aile amochée, assiste aux massacres de Sodome, de Jéricho,  monte à bord de l'Arche de Noé, et se révolte contre la cruauté de Dieu qui tue autant les impies que les innocents : « À notre avis de simples observateurs des événements, il [Dieu] doit avoir honte de la triste figure qu'il a souvent faite, comme dans le cas des enfants innocents de sodome, carbonisés par le feu divin. » (p. 108) Saramago s'attarde essentiellement à démontrer la mauvaise foi de Dieu, sans jeux de mots,  son manque de jugement, son indifférence et son quasi-sadisme, quand il favorise ou commande des tueries vengeresses. Certes, il s'agit d'une relecture très personnelle et caustique de l'Ancien Testament, et l'auteur règle ses comptes avec Dieu, c'est le moins qu'on puisse dire. Une particularité du roman qui peut devenir irritante, il n'y a pas de noms propres, donc pas de majuscules, pas de paragraphes ni de guillemets ou de tirets pour indiquer le début des séquences dialogales. Étonnant tout de même pour un athée de consacrer un roman à un dieu qui n'existe pas... mais sa conclusion nous le rappelle clairement.

Seuil, 2011, 170 p.

 

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