Lydie Salvayre

La méthode Mila

« Que vous ayez peur de l’amour me semble tout aussi probable. Mais que redoutez-vous,  au juste, de lui ? Qu’il soit cette partie où l’on perd quand on gagne ? […] Qu’il exprime la chiennerie de votre nature bestiale ? Qu’il oblitère votre esprit ? Qu’il l’abuse ? L’abasourdisse ? L’affole ? Le soumette ? Le piétine ? Le désarme ? L’interloque ? Qu’il le ravisse ou le ravage ? Vous craignez, en un mot, qu’il ne vous tyrannise ? […] cet empire des corps déchaînés dans l’amour, je l’appelle grâce souveraine, je l’appelle illumination, force transfigurante  […].  »

 

Un quadragénaire solitaire, passionné par l’œuvre de Descartes,  se sent obligé de s’occuper de sa mère vieillissante et de vivre avec elle.  Cette dernière est impotente, geignarde, et son fils ne supporte plus l’univers infernal de la maladie. Désespéré, il recourt aux services d’une pseudo- voyante, madame Mila, et il s’attaque au Discours de la méthode de son auteur fétiche, méthode qui laisse bien peu de place aux sentiments. Salvayre, psychiatre et romancière, s’avère fort habile pour décrire la déchéance de la vieillesse, même dans ses détails les plus triviaux (le mot merde est abondamment utilisé),  en d’autres mots, la réalité.

À lire.

Seuil,  2005, 212 p.

 

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