Marc Lambron

Les menteurs

« En accumulant dans ma chambrette les livres de poche, je construisais une citadelle. Les mots s'interposaient : ceux des livres face à la vie, ceux des écrivains contre la médiocrité des hommes. Mais cet écran donnait du sens, infusait de la civilisation. » 

 

Trois personnages, deux femmes et un homme nés à la fin des années cinquante, se retrouvent quelque 30 ans plus tard. Chacun, en alternance, raconte ses aventures amoureuses, ses mariages et son parcours professionnel. L'une travaille pour un magazine populaire et interviewe les vedettes de l'heure, l'autre son amour des livres et des mots au sein d'une université française, le dernier, sorte de haut fonctionnaire, ses désillusions et ses conquêtes. L'auteur trace un portrait poignant de vérité de cette génération qui n'a connu ni la guerre ni Woodstock. Ses réflexions, parfois caustiques, s'avèrent justes et intelligentes. Par exemple : «Mais la fin du XXe siècle aura installé le corps des femmes dans une dimension mercantile, avec le concours des intéressées elles-mêmes. Jamais on n'avait vu autant de jambes, de nombrils, de poitrines refaites, de lèvres au collagène et de rides effacées au Botox, jamais autant de bimbos vendant leur corps aux journaux, de chanteuses-lolitas maquillées comme des roues de voiture, de créatures-potiches nichées dans le coin de l'écran. Ce maquerellage se situait au carrefour de deux réalités, la puissance du marché et la culture de la célébrité. » P. 295

À lire.

Grasset, 2004, 334 p.

 

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