Tayeb Salih

Saison de la migration vers le Nord

« Le crépuscule vint non pas sang répandu mais couleur de henné aux pieds d'une femme. »

L'auteur soudanais publie ce roman en arabe, chef-d'oeuvre du XXe siècle selon l'Académie arabe de Damas, en 1966. Traduit en français en 1983, par Actes Sud, il ne fait pas de doute que le récit nous plonge dans un univers inconnu, exotique diront certains,  mais surtout dans une culture aux accents doux-amers. L'Occident s'insinue peu à peu dans les pratiques quotidiennes, et les traditions, même si elles demeurent omniprésentes, se métamorphosent : c'est le choc de deux cultures dont certaines valeurs s'avèrent irréconciliables. Le narrateur, qui n'a pas de nom, fait la connaissance d'un étranger qui s'est installé dans son village,  Moustafa Saïd, un homme secret et mystérieux. Il finit par découvrir le passé tragique de cet étranger qui a vécu et étudié à Londres pendant plusieurs années, comme lui-même. Il en ressort meurtri, troublé et désenchanté. Comment aimer sa culture quand on doit étudier dans un autre pays ? Peut-on conserver son identité malgré les promesses du colonisateur ? « Pas un nuage, promesse d'ombre, dans ce ciel de feu, couvercle de l'enfer. Le jour ne se compte pas  ici : c'est une torture que subit l'être vivant, dans l'attente de la nuit salvatrice. » (p. 108-109) Des extraits de poèmes d'Abû Nuwâs (VIIIe s.) nous rappellent également la richesse de la poésie arabe.

À lire.

Actes Sud, 2006, 172 p.

 

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